Parler de la naissance de la ville de Lebel-sur-Quévillon, c'est remonter au milieu des années 40, à l'époque où les premiers bûcherons arrivent dans la région et s'installent dans un camp situé à une trentaine de kilomètres au nord de Senneterre.

Canada Paper et Howard Smith, deux compagnies intégrées au groupe Domtar, ayant obtenu des concessions forestières quelques années auparavant, commencent en 1943 à couper du bois à pâte à Rapide-des-Cèdres. Cet endroit sert principalement de base au Ministère des Terres et Forêts et accueille également quelques familles amérindiennes. Sauf la rivière en été, le traîneau et l'autoneige en hiver, il n'y a aucun moyen de communication avec les autres localités. C'est ainsi que l'on voit apparaître les premiers camps forestiers. Le ravitaillement en denrées alimentaires, en matériel et en équipement est acheminé par chaland de Senneterre, par le lac Parent, descendant la rivière Bell jusqu'au millage 35. De là, il faut faire une dizaine de kilomètres de portage jusqu'à Rapide-des-Cèdres.

Un des premiers pionniers à arriver sur les lieux est un entrepreneur forestier venu de Clova : M. Jean Baptiste Lebel, surnommé "le Père Lebel". Il ouvre la première scierie à Rapide-des-Cèdres et emploie à ce moment, environ 1 200 hommes et vingt-deux sous-traitants qui coupent de 50 000 à 100 000 cordes de bois à pâte annuellement. Le bois est transporté par les routes d'hiver jusqu'à la ligne du Canadien National à Beattyville pour être ensuite acheminé par le chemin de fer aux différentes compagnies utilisatrices.

Lebel-sur-Quévillon doit donc son existence au " Père Lebel ", car devant cette immense forêt d'épinettes noires s'étendant sur des milliers de kilomètres carrés, le Père Lebel caresse un rêve prodigieux, " construire des installations modernes au coeur de cette grande forêt et traiter la matière première sur place ".

Après plusieurs années d'acharnement et de discussions avec les politiciens, les financiers et les compagnies pour réaliser son rêve, c'est finalement au début des années 60 que la compagnie Domtar s'intéresse enfin à son projet. C'est ainsi qu'après une étude approfondie de l'inventaire forestier et de la qualité des forêts, que Domtar décide de construire une usine de pâte " kraft " moderne sur les bords du lac Quévillon. Ainsi à l'automne 63, Domtar débute les travaux d'aménagement du terrain choisi pour la construction de l'usine. En avril 64, le site de la future ville est débroussaillé et au mois de novembre de la même année les ministres Cliche et Courcy ainsi que le Père Lebel lèvent la première pelletée de terre sur les lieux de l'usine. La construction de l'usine débute en 1965 pour se terminer en 1966.

Au fur et à mesure que l'usine prend forme, on construit près de là, une petite ville sur la péninsule du lac Quévillon. Lebel-sur-Quévillon est incorporée en municipalité le 6 août 1965 et doit la première partie de son nom au Père Lebel et la seconde, à Louis Quévillon, artisan sculpteur sur bois de Saint-Vincent-de-Paul, dont le lac porte déjà son nom et qui nous a laissé quelques œuvres à l'intérieur d'églises aux environs de Montréal.

Les premiers citoyens de Lebel-sur-Quévillon arrivent dans la ville le 24 juillet 1966. Ces pionniers sont issus de tous les coins de la province. Leur dynamisme et leur détermination font que le progrès de la ville est rapide et constant.

Lebel-sur-Quévillon est considérée comme l'enfant naturel de la compagnie de pâtes et papiers Domtar. Sur le plan purement de l'urbanisme, la ville est disposée selon un schéma typique qui offre, vu d'avion, l'idée d'un arbre ramifié. Les secteurs résidentiels constituent les branches disposées de part et d'autre d'un tronc qui est le centre nerveux scolaire et commercial de la ville. Plus loin, l'usine apporte la nourriture aux branches et à l'arbre entier. Ceci est une image symbolique qui exprime bien les ressources de la ville. Lebel-sur-Quévillon a été construite parce qu'il y a une usine et qu'on voulait assurer une stabilité et une excellente vie familiale aux travailleurs forestiers.

Lebel-sur-Quévillon est avant tout une ville forestière qui, au fil des années a diversifié son économie avec un potentiel de ressources à exploiter autant dans le domaine minier, commercial que touristique.